Fédération Régionale d’Agriculture Biologique de Nouvelle-Aquitaine

Notre réseau fait le bilan des aléas climatiques de l’été 2026 : des impacts importants sur les fermes bio

L’été 2026 a une nouvelle fois mis les fermes agricoles à rude épreuve, et ce, dans toute la France. Pics de chaleur successifs, sécheresse des sols, incendies et épisodes de grêle ont affecté de nombreuses productions agricoles. Pour mieux mesurer les conséquences de ces aléas climatiques et faire entendre les besoins des agriculteurs et agricultrices bio, le réseau FNAB s’est mobilisé à travers une enquête nationale, complétée par des démarches de recensement en région dont la Nouvelle-Aquitaine.

 

2 700 témoignages
pour mesurer les conséquences des aléas climatiques

Au 16 septembre 2026, près de 2 700 réponses ont été recueillies dans 12 régions françaises. Les résultats confirment l’ampleur des difficultés rencontrées dans les fermes bio, avec des impacts très variables selon les productions et les territoires.

Parmi les principaux enseignements :

  • Élevage : la production laitière a diminué de 25 à 30 % à l’échelle nationale. Le taux de ponte des poules a quant à lui reculé de 40 % en moyenne. Les éleveurs témoignent également de difficultés sanitaires et de préoccupations concernant la reproduction des troupeaux.
  • Fourrages et prairies : les volumes de matière sèche ont diminué de 50 % en moyenne. La reconstitution des stocks fourragers constitue une préoccupation majeure pour les fermes en polyculture-élevage.
  • Grandes cultures : les cultures de printemps ont particulièrement souffert, avec des pertes récurrentes de 20 à 40 %, pouvant aller jusqu’à des récoltes nulles pour certaines cultures conduites en pluvial.
  • Maraîchage : selon les espèces, les pertes de production atteignent 20 à 100 %. Les fortes chaleurs ont notamment provoqué des échecs de semis, des brûlures, le dessèchement des plants et la coulure des fleurs.
  • Arboriculture, petits fruits et PPAM : les pertes de volumes sont également importantes, pouvant atteindre 90 % pour certaines productions fruitières et 100 % pour certaines plantes à parfum, aromatiques et médicinales.

Au-delà des pertes de récolte, les conséquences se prolongent dans le temps : mortalité de jeunes plants, difficultés d’implantation des cultures suivantes, baisse des stocks de semences et de fourrages, surcoûts liés à l’irrigation ou au rachat de plants et de fourrages.

 

Des conséquences sur le plan humain

L’enquête met également en évidence les répercussions des aléas climatiques sur la santé et le moral des personnes qui travaillent dans les fermes. Parmi les répondants, 45 % déclarent ressentir de la fatigue, 25 % du stress ou de l’anxiété et 22 % des symptômes physiques (insolations, vertiges, maux de tête…).

Ces difficultés rappellent que l’adaptation des fermes au changement climatique ne relève pas uniquement de questions techniques ou agronomiques : elle concerne aussi les conditions de travail et la santé des agriculteurs et agricultrices.

 

En Nouvelle-Aquitaine, notre réseau est mobilisé
pour faire remonter les besoins

Face à ces constats, plusieurs de nos GAB ont documenté les conséquences de la sécheresse et des canicules de l’été 2026 sur les fermes bio de leurs territoires.

Des questionnaires diffusés à échelle départementale ont permis de recueillir les témoignages des producteurs et productrices sur les pertes de rendement, les difficultés rencontrées sur leurs productions, les besoins en fourrages et en irrigation, les conséquences économiques ainsi que les besoins d’accompagnement.

Notre objectif : disposer d’éléments concrets pour faire remonter les difficultés rencontrées sur le terrain auprès des pouvoirs publics, notamment de la DRAAF, et défendre des réponses adaptées aux spécificités des fermes bio, en particulier concernant les dispositifs d’aides financières.

Ce travail s’inscrit également dans une dynamique partenariale avec la Région Nouvelle-Aquitaine, afin de fiabiliser le recueil des données et de mieux quantifier les conséquences économiques des épisodes climatiques sur les exploitations.

 

Faire face aux prochaines campagnes :
documenter, accompagner et anticiper

Pour le réseau FNAB, les résultats de cette enquête constituent un outil essentiel de dialogue avec les pouvoirs publics. Les témoignages recueillis ont déjà permis d’alerter les services de l’État et de contribuer aux échanges autour des dispositifs de soutien financier, notamment dans le cadre du plan CASI.

En Nouvelle-Aquitaine, nous poursuivons également notre mobilisation pour accompagner les fermes dans l’identification de leurs fragilités et la mise en place de stratégies d’adaptation.

C’est aussi l’ambition de la 15ᵉ édition du Mois de la Bio, organisée tout au long du mois de novembre en Nouvelle-Aquitaine avec les chambres d’agriculture et Interbio Nouvelle-Aquitaine. Au cœur de cette édition : l’adaptation au dérèglement climatique et les solutions pour renforcer la robustesse des fermes et des filières.

Au programme, une cinquantaine de rendez-vous professionnels sont proposés dans toute la région : visites de fermes et d’entreprises, journées techniques, témoignages d’agriculteurs, retours d’expérience et webinaires. Autant d’occasions d’échanger sur des leviers concrets : diversification des cultures, sécurisation des ressources fourragères, autonomie des exploitations, préservation des sols et de l’eau, évolution des débouchés…

Au-delà de cet événement, l’ensemble de notre réseau propose tout au long de l’année des actions pour aider les agriculteurs à faire évoluer leurs pratiques et à renforcer la résilience de leurs exploitations : conseils individuels et collectifs, formations, rencontres techniques et échanges entre pairs.

Ces différents formats permettent de prendre du recul sur son système, d’approfondir des sujets techniques, de partager des expériences et de construire des réponses adaptées aux réalités de chaque ferme.

👉 Retrouvez nos prochains rendez-vous, formations et accompagnements collectifs.

 

Merci à toutes les fermes qui ont pris le temps de répondre aux questionnaires et aux équipes des GAB qui se sont mobilisées pour recueillir ces témoignages. Ces données sont indispensables pour faire reconnaître les réalités du terrain, défendre les besoins des fermes bio et construire des réponses à la hauteur des enjeux climatiques.

 

Consultez le flyer des résultats de l’enquête nationale :