Fédération Régionale d’Agriculture Biologique de Nouvelle-Aquitaine

Alimentation, climat, santé : la nouvelle stratégie nationale fixe le cap à horizon 2030

La France s’est dotée d’une nouvelle Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC) 2025-2030, publiée en février 2026. Déclinée en quatre axes et vingt objectifs, cette feuille de route vise à transformer durablement les systèmes alimentaires afin de permettre à tous les citoyens d’accéder à une alimentation plus saine, plus durable et plus accessible, tout en renforçant la souveraineté agricole et alimentaire du pays.

L’alimentation est aujourd’hui au croisement d’enjeux majeurs. Santé publique, transition écologique, résilience des systèmes agricoles et justice sociale sont étroitement liés. La SNANC entend apporter une réponse globale à ces défis en articulant les politiques agricoles, alimentaires, sanitaires et climatiques.

 

Des enjeux sanitaires, environnementaux et sociaux préoccupants 

Le système alimentaire français a profondément évolué au cours du siècle dernier. L’industrialisation des filières, la mondialisation des échanges et l’augmentation de la part d’aliments transformés ont modifié les habitudes alimentaires. Dans le même temps, les maladies chroniques liées à l’alimentation (diabète, maladies cardiovasculaires ou obésité) représentent aujourd’hui un véritable enjeu de santé publique.

Les impacts environnementaux sont également considérables. Les systèmes alimentaires participent au changement climatique, à l’érosion de la biodiversité et à la pression sur les ressources naturelles. En France, l’alimentation représente environ 24 % de l’empreinte carbone des ménages, tandis que l’agriculture génère près de 20 % des émissions nationales de gaz à effet de serre.

À ces enjeux s’ajoutent des inégalités d’accès à une alimentation de qualité. La précarité alimentaire touche aujourd’hui plusieurs millions de personnes en France et les écarts sociaux en matière de nutrition restent marqués.

Face à ces défis multiples, la transformation du système alimentaire apparaît comme un levier essentiel pour agir simultanément sur la santé, l’environnement et la cohésion sociale.

 

Une stratégie structurée autour de quatre axes

La SNANC 2025-2030 s’organise autour de quatre axes stratégiques qui structurent l’action publique pour les années à venir :

  • Le premier axe vise à renforcer la gouvernance des politiques alimentaires, en améliorant la coordination entre les différents niveaux d’action – européen, national et territorial – et en soutenant notamment le développement des projets alimentaires territoriaux (PAT).
  • Le deuxième axe porte sur l’accès à des environnements alimentaires plus sains et durables. Il concerne notamment la restauration collective, la qualité nutritionnelle des produits, l’accessibilité économique de l’alimentation durable et le partage de la valeur au sein de la chaîne alimentaire.
  • Le troisième axe s’attache à accompagner l’évolution des comportements alimentaires. L’éducation à l’alimentation, l’information des consommateurs, la lutte contre le gaspillage alimentaire et la promotion de régimes alimentaires favorables à la santé et à l’environnement en constituent les principaux leviers.
  • Enfin, le quatrième axe concerne la recherche, l’expertise et l’évaluation, afin de mieux mesurer les effets des politiques publiques et d’accompagner la transition des systèmes alimentaires.

 

Les territoires au cœur de la transition alimentaire

La stratégie nationale insiste sur le rôle central des territoires dans la transformation du système alimentaire. Les projets alimentaires territoriaux (PAT) sont identifiés comme des outils structurants pour relocaliser l’alimentation, soutenir les filières agricoles locales et améliorer l’accès à une alimentation durable.

Élaborés de manière concertée par les collectivités, les acteurs agricoles, les entreprises et les associations, ces projets permettent de relier les enjeux agricoles, environnementaux, économiques et sociaux à l’échelle d’un territoire. Ils contribuent notamment au développement des circuits courts, à l’approvisionnement local de la restauration collective et à la lutte contre la précarité alimentaire.

Cette approche territoriale apparaît essentielle pour adapter les politiques publiques aux réalités locales et mobiliser l’ensemble des acteurs du système alimentaire.

 

L’agriculture biologique, un levier pour répondre aux objectifs de la stratégie

La transition vers des systèmes alimentaires plus durables passe également par l’évolution des modes de production agricole. La stratégie souligne notamment le rôle des pratiques agroécologiques, qui permettent de réduire les impacts environnementaux de l’agriculture tout en renforçant la résilience des exploitations face au changement climatique.

Dans ce contexte, l’agriculture biologique constitue un levier important pour atteindre plusieurs objectifs de la SNANC : réduction de l’usage des intrants de synthèse, préservation de la biodiversité, amélioration de la qualité de l’eau et des sols, et développement de systèmes agricoles plus autonomes et robustes.

Lire le document : https://agriculture.gouv.fr/SNANC-20252030