Communiqué de presse : Dérogation fourrages, une réponse de crise face à une situation exceptionnelle
Sécheresse, fortes chaleurs et baisse de la production des prairies : certains élevages bio, notamment bovins et ruminants, rencontrent aujourd’hui des difficultés à produire suffisamment de fourrages pour assurer l’alimentation de leurs animaux jusqu’au printemps. Dans ce contexte, l’INAO a temporairement élargi la dérogation permettant, sous certaines conditions, l’utilisation de certains aliments non biologiques.
Les conditions climatiques de cet été ont fortement affecté la production fourragère dans de nombreux territoires. Pour certains élevages, la baisse de la production des prairies et les difficultés à constituer des stocks suffisants font aujourd’hui peser des incertitudes sur l’alimentation des troupeaux jusqu’au printemps.
La priorité reste bien entendu la recherche de fourrages biologiques ou en conversion. Mais lorsque les ressources disponibles ne permettent plus de couvrir les besoins des animaux, des solutions dérogatoires peuvent être nécessaires pour accompagner les fermes les plus en difficulté.
C’est pourquoi Bio Nouvelle-Aquitaine a soutenu, aux côtés des autres réseaux agricoles de Nouvelle-Aquitaine, la demande de dérogation permettant aux élevages confrontés à un manque de fourrages de recourir, sous certaines conditions, à des aliments non biologiques.
Zoom sur la dérogation de l’INAO
Depuis le 18 août 2026, l’INAO a élargi temporairement la liste des aliments non biologiques pouvant être utilisés dans le cadre de cette dérogation. L’ensilage de maïs conventionnel fait désormais partie des aliments pouvant être concernés, dans la limite de 10 % de la ration en matière sèche et jusqu’au 30 avril 2027.
Dans le contexte actuel, nous espérons que cette possibilité pourra apporter une réponse ponctuelle aux fermes face à l’urgence de la pérennisation de leur activité.Cette possibilité est soumise à dérogation et ne constitue donc pas un droit automatique. Les demandes sont étudiées au cas par cas par l’INAO.
Une réponse ponctuelle, qui ne doit pas faire oublier l’avenir des systèmes
Cette situation doit aussi nous conduire à regarder au-delà de l’urgence actuelle. Avec des étés de plus en plus chauds et secs, la production globale de fourrage risque de devenir plus incertaine, notamment dans les territoires où la disponibilité en eau est déjà limitée.
L’enjeu est donc de travailler dès maintenant à des systèmes fourragers plus robustes et sobres (en eau comme en intrants), capables de mieux faire face aux aléas climatiques et moins dépendants du maïs ensilage.
Cette dérogation constitue une réponse de crise pour certaines fermes, elle doit aussi nous inciter à accélérer la réflexion sur l’adaptation des systèmes d’élevage bio au changement climatique. Diversification des ressources fourragères et des espèces, place des prairies et des légumineuses, autonomie alimentaire, adaptation des cultures aux conditions locales, coopérations éleveurs-céréaliers : ces leviers doivent continuer à être explorés et développés avec les agriculteurs pour préparer des élevages bio plus robustes face aux conditions climatiques de demain.
Dans ce contexte, Bio Nouvelle-Aquitaine tient à apporter son soutien aux éleveuses et aux éleveurs confrontés à ces difficultés et reste mobilisée à leurs côtés, pour les accompagner dans les solutions à court terme comme dans l’adaptation de leurs systèmes pour l’avenir.