Fédération Régionale d’Agriculture Biologique de Nouvelle-Aquitaine

Ma Cantine : une télédéclaration révélatrice des choix alimentaires territoriaux

Chaque début d’année, la même échéance revient pour les collectivités gestionnaires de restauration collective : la télédéclaration sur la plateforme nationale Ma Cantine.

Du 12 janvier au 31 mars 2026, les établissements devront déclarer leurs achats 2025. Une formalité administrative ? Pas seulement, et c’est tout l’objet de cet article car derrière cette plateforme se joue en réalité un enjeu plus large, celui de la trajectoire alimentaire des territoires.

Créée pour suivre les objectifs fixés par la Loi Egalim puis la Loi Climat et Résilience, la plateforme permet de centraliser les données d’approvisionnement des restaurants collectifs.

Son rôle : produire une photographie nationale et territoriale des pratiques d’achat, notamment en matière de produits durables et de bio.

Contrairement à certaines idées reçues, il ne s’agit ni d’un outil de sanction, ni d’un instrument de contrôle individualisé. Les données collectées alimentent un observatoire statistique, puis sont rendues publiques en open data sur data.gouv.fr.

La finalité ? Comprendre les dynamiques, mesurer les progrès, identifier les marges d’évolution.

 

Calendrier 2026

  • Du 12 janvier au 31 mars 2026 : déclaration du bilan 2025
  • Du 15 au 29 avril 2026 : période de correction (pour les déclarations déjà validées)
  • Après le 29 avril : aucune modification possible

Chaque lieu de service doit effectuer sa propre déclaration : 1 site de restauration = 1 inscription.

Un détail organisationnel qui peut faire la différence dans les collectivités multi-sites.

Les équipes nationales rappellent par ailleurs l’importance d’anticiper : chaque année, les derniers jours concentrent une forte affluence, saturant parfois le support technique.

 

Ce que révèle les télédéclarations

Au-delà du respect des objectifs légaux (50 % de produits durables dont 20 % bio), la télédéclaration agit comme un révélateur.

Elle oblige à objectiver les achats : factures, attestations fournisseurs, traçabilité, cahiers des charges.

Ainsi, elle met en lumière :

  • les écarts entre ambition politique et réalité budgétaire,
  • les différences entre sites d’une même collectivité,
  • les marges de progression parfois insoupçonnées.

En somme, elle offre une base factuelle pour piloter une stratégie alimentaire territoriale.

 

Le bio, indicateur stratégique

Dans de nombreux territoires, la part de produits issus de l’agriculture biologique constitue un indicateur sensible.

Parce qu’il touche à la santé publique, il interroge les choix agricoles locaux, renvoie à la qualité de l’eau, à la biodiversité ainsi qu’aux filières de proximité.

La télédéclaration permet de sortir des impressions pour entrer dans le mesurable :

  • Quel est le pourcentage de bio acheté et sur quels postes ?
  • Avec quelle progression d’une année sur l’autre ?

Autant d’éléments qui peuvent nourrir un dialogue constructif entre élus, services techniques, fournisseurs et producteurs.

Dans un contexte budgétaire tendu, certaines collectivités hésitent à accélérer sur le bio. Pourtant, l’expérience montre que la progression ne repose pas uniquement sur une hausse des coûts, mais sur une réorganisation des achats, une évolution des menus, une meilleure planification.

La télédéclaration devient alors un point d’appui :non pas pour se justifier, mais pour décider.

Pour aller plus loin : Regards croisés sur l’écosystème exemplaire de la RHD en Dordogne 

 

La data RHD devient un choix politique

En publiant les données agrégées en open data, l’État inscrit la restauration collective dans une logique de transparence. Ainsi, se dégage une opportunité pour les collectivités : celle de valoriser les efforts engagés, mais aussi d’identifier les leviers d’action à activer.