Ça bouge en Charente-Maritime : découvrez les initiatives territoriales en faveur de la bio locale
En Charente-Maritime, plusieurs collectivités et acteurs territoriaux développent des initiatives pour renforcer la place de l’agriculture biologique dans les politiques publiques locales. Entre restauration collective, santé publique et structuration des filières, ces démarches illustrent la diversité des leviers mobilisés sur le territoire.
Le dispositif « Jeunes pousses » : quand l’alimentation bio devient un enjeu de santé publique
Sur l’agglomération de La Rochelle, la transition alimentaire passe aussi par des initiatives à la croisée de l’agriculture et de la santé. Le programme « Jeunes pousses », dispositif d’ordonnances vertes, permet à des femmes enceintes de bénéficier d’un soutien financier pour l’achat de légumes et légumineuses bio produits localement.
Coordonné par le GAB 17, ce dispositif vise à limiter l’exposition aux pesticides et aux perturbateurs endocriniens pendant la grossesse, tout en favorisant l’accès à une alimentation de qualité.
Les participantes reçoivent des chèques hebdomadaires d’une valeur de 15€ pour s’approvisionner auprès d’un réseau de producteurs bio locaux, complété par des ateliers de sensibilisation à la santé environnementale et à la cuisine.
En savoir plus :
Le PAT La Rochelle – Aunis – Ré : un cap ambitieux pour les cantines
Sur le territoire du PAT La Rochelle – Aunis – Ré, les produits biologiques représentent aujourd’hui 23 % des approvisionnements des restaurants scolaires, dont 7 % de bio local. Le territoire souhaite aller plus loin que les objectifs de la loi Egalim et s’est fixé une ambition forte : atteindre 40 % de produits bio locaux d’ici 2030.
Pour accompagner cette dynamique, une animatrice restauration collective a été recrutée en septembre 2025 afin d’accompagner les 82 communes du territoire.
Plusieurs actions ont déjà été engagées :
- Une rencontre acheteurs-producteurs réunissant plus de 60 participants,
- Un petit-déjeuner des élus pour partager les enjeux de l’alimentation durable,
- Des formations pour les équipes de cuisine (poisson local, cuisine des légumineuses…),
- Une tournée des communes pour encourager l’utilisation de la plateforme Ma Cantine,
- La diffusion d’une lettre d’information dédiée à la restauration scolaire.
En 2026, une analyse des données collectées permettra d’affiner le plan d’action pour atteindre 50 % de produits durables locaux dont 40 % de bio à l’horizon 2030.
Cœur de Saintonge : mutualiser les commandes pour faciliter l’accès au bio
Sur le territoire rural de la Communauté de communes Cœur de Saintonge, les petites cantines scolaires peuvent rencontrer des difficultés pour accéder aux produits bio locaux.
Depuis 2023, la communauté de communes accompagne les communes dans la mise en place de commandes groupées, afin de mutualiser les besoins et faciliter les circuits de livraison des producteurs ou d’entreprises locales comme IEPR Services, une structure d’insertion basée en Charente-Maritime.
Aujourd’hui, la moitié des 18 communes du territoire participe à cette démarche collective et travaille avec huit producteurs bio locaux pour l’approvisionnement en légumes, pâtes, viande, œufs, produits laitiers, légumineuses et sel.
Les visites de fermes organisées dans le cadre du PAT permettent également de renforcer les liens entre acheteurs et producteurs. En 2025, une visite a notamment été organisée à la ferme de Candé à Saint-Xandre, contribuant à améliorer l’organisation des commandes et à augmenter les volumes achetés.
Depuis le lancement de cette action, plusieurs communes ont ainsi augmenté la part de produits bio dans leurs cantines, illustrant l’intérêt de ces démarches collectives à l’échelle locale.
Article proposé par Léa Cubaynes, conseillère territoire en Charente-Maritime.